Des chercheurs du LOG lèvent l'ancre pour une mission scientifique dans l'Océan Indien

Vendredi 8 novembre 2019 - Dimanche 12 janvier 2020
Recherche

Trois chercheurs du laboratoire d'océanologie et de géosciences (LOG) ont pris le large le 8 novembre 2019 pour rejoindre l'archipel des Kerguelen pour une grande expédition baptisée "Enviker". Ils ont pour objectifs d'étudier des micro-organismes cellulaires et d'observer les effets produits par les changements climatiques.

Une expédition du bout du monde

Situé à 2 000km de l'Antarctique, 3 200km de l'île de la Réunion, l'archipel des Kerguelen est battu par les vents des "50ème hurlants", rendus médiatiques par les navigateurs autours du monde. Se rendre dans cet archipel n'est pas chose simple, puisqu'il est parmi les terres les plus inaccessibles au monde. Le seul moyen d'aborder ces terres est d'embarquer sur le navire de recherche Marion Dufresne qui pendant l'été austral effectue plusieurs rotations pour ravitailler les Terres Australes et Antarctiques Françaises. Ce sont donc 11 jours qu'il faudra à l'équipe composée de deux doctorants, Maïwenn Herlédan et François Bény et du chef de mission Dr. Eric Armynot du Châtelet pour atteindre l'archipel.

Biodiversité et changement climatique

L'objet de l'étude s'inscrit dans les thématiques de la biodiversité et du changement climatique. Concrètement, le programme de recherche ENVIKET 1200, financé par l'Institut Polaire Français et porté le laboratoire d'océanologie et géosciences (LOG) porte sur la caractérisation et le suivi des environnements et des paléo-environnements des Kerguelen au moyen des amibes à thèques.

Pourquoi aussi loin aux Kerguelen ? Le changement climatique entraine la migration des courants polaires vers le sud et provoque une baisse des précipitations sur l'archipel. Les Kerguelen subissent parmi les plus gros reculs des glaciers de la planète. Ainsi, en raison de leur position géographique, sous l'influence des vents d'ouest de l'hémisphère sud et sous l'influence du courant circumpolaire Antarctiques, les îles subantarctiques des Kerguelen sont un site d'expérimentation naturel parfait pour l'enregistrement des changements environnementaux récents.

Des micro-organismes témoins du passé

Une petite centaine d'études a déjà été réalisée sur les amibes à thèques en Antarctiques et dans les îles subantarctiques. Dans l'archipel des Kerguelen, elles sont décrites dans quatre études asses extensives en 1904, 1908, 1912 et 1981. Ces études ont révélé la présence d'espèces cosmopolites avec quelques rares d'une distribution plus restreinte. Les proportions des différentes espèces et la composition des communautés dépendent du degrés hygrométrique, du pH, de la température et de facteurs biogéographiques. D'autre part, les squelettes de ces amibes se préservent et sont donc des témoins des environnements du passé. Ainsi, en caractérisant les contraintes environnementales des communautés d'amibes à thèques moderne, en définissant des espèces indicatrices de tous les sous-environnements identifiable, il est possible de reconstituer les paléo-environnements récents et modéliser les changements important opérant au cours des dernières décennies.

Ainsi, le projet à long terme consistera en la mise en place d'un outil de caractérisation des changements environnementaux enregistrés dans les îles du subantarctique basé sur l'observation des amibes à thèques préservées.


Deux campagnes de prélèvements sur les Kerguelen seront réalisées. La première dont l'expédition a débuté le 8 novembre devra cartographier les communautés d'amibes à thèques dans leur substrat de mousses et de sols.

Sensibiliser à la recherche et aux changements climatiques

Cette expédition à plus de 13 000km de la métropole, dans des conditions climatiques difficiles (des vents pouvant souffler jusqu'à 160-200km/h) sera suivie dans l'agglomération lilloise par des classes de primaires et de collèges. Ce suivi permettra d'expliquze lz travail des chercheurs au quotidien, mais également de sensibiliser au changement climatique. Le retour des chercheurs est prévu le 3 janvier 2020 et donnera lieu également à des opérations de médiation.